LA GRANDE DISTRIBUTION : HISTORIQUE ET EVOLUTIONS

La grande distribution est la partie du secteur du commerce de détail de biens de consommation constituée de groupements de points de vente


La grande distribution est la partie du secteur du commerce de détail de biens de consommation constituée de groupements de points de vente d'une certaine importance dotés de centrales d'achat et d’une enseigne, afin de bénéficier d’une image de marque commune. Ces regroupements, qui intègrent horizontalement dans des cadres divers des points de vente (filière intégrée, coopérative de commerçants ou franchisés) peuvent aussi constituer la base d’une intégration verticale des fonctions d’achat en gros, de logistique, de production de biens et/ou le partage de services supports (comptabilité, informatique…).

Même lorsqu’ils sont commercialisés par des réseaux de commercialisation de services ou des hypermarchés, les produits ou services comme la restauration rapide, le crédit, l'assurance, les voyages organisés, la construction, le contrôle technique auto…) ne font pas partie de la grande distribution.

Selon les pays, ces organisations assez diverses représentent une part du commerce de détail allant de 1% à 24%[réf. nécessaire].

Historique de la grande distribution

XVIIIe siècle : les précurseurs

  • Alexandre Balthazar Laurent Grimod de La Reynière n'a pas seulement été un gastronome averti mais aussi un commerçant. Certes cet avocat en est devenu un par nécessité mais il a été inventif en imaginant le principe d'achat direct au producteur et de vente à prix fixé de biens variés allant de l'épicerie à la droguerie avec quelques denrées exotiques[1].

De 1840 à 1915 : des précurseurs de la grande distribution

Les succursalistes et coopératives de consommation

Bien que d'inspiration et d'origine différentes ces deux systèmes ont été développés en utilisant le principe d'achat en gros à partir d'un entrepôt central distribuant la marchandise à des points de vente.

  • Félix Potin ouvre son premier magasin en 1844 à Paris. Il ouvrira par la suite d'autres établissements sous la même enseigne vendant à prix fixés et affichés, ce sera le début du succursalisme. Les marchandises sont préemballées dans ses usines au lieu d'être reçu en vrac dans les boutiques et emballés sur place par les épiciers. Ce principe sera repris avec succès aux États-Unis, par Franklin Winfield Woolworth et son frère, en 1879 année d'ouverture de leur second magasin et donnera naissance à la chaine de magasin Woolworth's développant au passage le concept de magasin populaire.

Les grands magasins

Les magasins à prix unique

  • Cette forme de commerce (variety store) est apparue aux États-Unis en 1879 avec le succursaliste Woolworth's. Elle n'apparaîtra en France qu'en 1931 avec Uniprix, de Prisunic et en 1932 avec Monoprix, cette dernière enseigne ayant successivement absorbé ses deux concurrentes au fil des années.

De 1916 à 1980 : le libre-service, le discompte et les grandes surfaces

  • En 1948 dans l'Allemagne d'après guerre, les frères Theodor et Karl Albrecht transforment la politique du commerce familial en incluant directement les remises annuelles dans le prix de vente à tous les clients dès le premier achat et rencontrent un succès immédiat. L'assortiment proposé était étroit et peu profond. La magasin prendra le nom de Aldi pour Albrecht Distribution.
  • Édouard Leclerc, en 1949 à Landerneau (France), va plus loin dans le discompte en achetant en masse et fait de nombreux émules : "Acheter moins cher, pour revendre moins cher".

À partir de 1980

  • Élargissement de la clientèle en conjuguant prix et qualité
  • Déclin des spécialistes (fromager, droguiste, bazardier...) et des épiceries indépendants et rôle accru des centrales d'achat.

1990 : le client roi

  • Fidélisation de la clientèle (1980 Début de la fidélisation)
  • Vague de concentration du secteur de la distribution
  • Essor de l'internationalisation

2000 : professionnalisation

La gestion des risques dans le secteur de la grande distribution

La loi identifie et encadre les risques : Le risque alimentaire

La distribution alimentaire nécessite des installations et des procédures spécifiques le plus souvent encadrées par des lois et est contrôlée par l'administration et des agences publiques.

Par exemple, en France, les réglementations sanitaires et vétérinaires encadrent depuis toujours la production, la distribution et l'évacuation des déchets alimentaires (boucherie, charcuterie...). L'Afssa, agence publique française dépendante de la Direction des services vétérinaires du Ministère de l'agriculture, est chargée d'évaluer ce risque sur le territoire. Sans être chargée des médicaments qui relèvent du ministère de la Santé, elle est l'équivalent de la Food and Drug Administration étatsunienne.

Les risques liés aux stockages et aux installations

Les installations frigorifiques comprenant des chambres froides, des banques réfrigérés et des compresseurs nécessaires à la bonne conservation des aliments sont, en France soumises, à autorisation au titre de la législation des ICPE. Il en est de même pour les stations de distribution de carburant soumises à déclaration en deça d'un certain débit distribué et d'une autorisation au-delà.

La prévention de ces risques

La méthode de contrôle dite de Système d'analyse des dangers et de maîtrise des points critiques (HACCP) est une obligation législative européenne dans le secteur de la production et de la distribution alimentaire (ISO 22000).

Le secteur de la grande distribution par zone économique

En France

En France, la grande distribution, « constituée des hypermarchés et des entreprises dites du grand commerce spécialisé » selon la définition de l’INSEE[5], est un secteur économique de plusieurs centaines de milliers d'emplois[6], au sein duquel la concurrence économique était, en 2007, selon les principaux économistes[7] fortement limitée par les multiples lois et règlementations (loi Royer, loi Galland, …) handicapant l’emploi et le pouvoir d'achat.

En Europe

Chiffre d'affaires des principales sociétés de grande distribution en Europe[8]

Entreprise  

Pays  

2000

2001

2002

2003

2004

2005

2006

2007

Carrefour

France

73,1

78

76,8

78,9

81,4

82

87,4

92,3

Tesco

Grande-Bretagne

26,8

39,8

41,6

49,2

53,8

60,6

62,6

65,9

Metro AG

Allemagne

46,9

49,5

51,5

53,6

56,4

55,7

59,9

65,9

Rewe

Allemagne

34,6

37,5

37,4

39,2

40,8

41,7

43,5

45,1

Auchan

France

30,8

35,2

37,5

38.1

39,1

40,4

42,1

44,2

Edeka

Allemagne

31,2

31,1

30,5

31,5

31,6

38,0

39,2

37,8

Lidl

Allemagne

12,3

-

20,8

21,3

34,9

-

38,9

43

Aldi

Allemagne

31,1

-

32

33,6

35,3

-

36,4

-

Intermarché

France

36,3

37,2

38,4

38,4

38

30,3

31,5

32,7

E.Leclerc

France

23,8

25,1

26

27,2

28,4

28,5

29,4

30,3

Tengelmann

Allemagne

27,6

28,5

28,5

26,8

26,3

25,7

18,5

19,7

Sainsbury's

Grande-Bretagne

30,1

28,5

26,7

27,2

24,9

24,7

25,8

-

Casino Guichard Perrachon

France

19,1

22

22,8[9]

23

23,2

22,8

22,5

24,9

Ahold

Pays-Bas

52,2

66,6

72,7

56,1

44,6

44,5

44,9

24,9

Delhaize Group

Belgique

18,2

21,4

20,7

18,5

17,8

18,6

19,2

19,0

Morrisson WM Supermarket

Grande-Bretagne

-

-

-

19,3

18,4

-

18,3

-

Système U

France

10,5

11,7

12,7

13,8

14,7

15,1

15,6

16,8

Karstadt

Allemagne

15,2

15,9

15,8

13,5

15,7

15,5

-

-

Migros

Suisse

12,9

13,6

13,7

13,9

13,1

13,1

12,6

14,2

Coop

Suisse

-

-

-

-

-

-

14,7

-

Marks & Spencer

Grande-Bretagne

12,2

12,3

11,6

12,8

11,9

11,5

-

 

Groupe Louis Delhaize

Belgique

-

-

9,3

-

-

11,0

-

-

 

 

Développement durable et distribution

En 2008, l'association de distributeurs, le Food Business Forum (CIES)[10], a prôné le renforcement de la prise en compte du développement durable dans le secteur de la grande distribution[11].

La responsabilité sociale

En 2007, Le CIES[10] a lancé un programme mondial visant au respect des clauses sociales nommé GSCP (Global Social Compliance Programme). Ce projet incluant les plus grands distributeurs mondiaux mais également des fournisseurs de la grande distribution s'appuie sur les textes internationaux et vise à promouvoir et faire respecter les meilleurs pratiques concernant les questions de santé, sécurité, salaires, travail des enfants et discriminations dans les pays producteurs où les législations font défaut où ne sont pas respectées[12].

La pression des consommateurs pour le développement durable

Les notions de « Consom'action » et de « citoyen-consommateur »[13] sont utilisées par certains auteurs pour décrire l'influence de groupe de consommateurs, par leur pouvoir économique, utilisant en plus des caractéristiques influant sur leur propre utilité (prix des biens, qualité, quantité), des critères écologiques ou éthiques comme le bilan-carbone ou la responsabilité social des producteurs ou des distributeurs.

Les prix de vente aux consommateurs indépendants du bilan carbone [modifier]

Comme toute activité humaine, le secteur de la grande distribution génère des émissions de gaz à effet de serre (transport, commercialisation). Les biens vendus ont des « bilans carbone » (mesure de la quantité d'énergie fossile utilisée pour la production, le transport et la commercialisation) différents en fonction de leurs caractéristiques, de leur mode de production, de la chaîne logistique d’acheminement entre site de production et site de vente (dont l'organisation est réalisée selon le critère de l'optimisation des coûts (des carburants en particulier)), du format du point de vente ; et du trajet parcouru par le consommateur. Le bilan carbone n'est pas toujours reflété par son prix.

Certains biens peuvent être échangés internationalement en fonction des avantages compétitifs des économies (du fait de spécialisation, de caractéristiques climatiques, du niveau d’imposition… ), des taux de change nominaux et réels, et des différences de réglementation (règlementation du travail, normes sociales et écologiques, …) entre pays, qui impactent le coût de production des biens. Le bilan carbone d’un article n’est alors pas forcément corrélé au prix de vente, puisque les coûts de transport élevés peuvent être compensés par un moindre prix à l’achat dans le pays producteur.

Notes et références

  1. De la révolution française à la révolution de l'Hypermarché, COOP aujourd'hui, Bulletin de la FNCC, n°4, juin 2005 [lire en ligne [archive]]
  2. Voir le site de (en)Piggly-Wiggly [archive], une enseigne américaine toujours existante (voir dans la partie about us).
  3. The place where supermarketing was born, Mass Market Retailers 19, no. 9 (17/06/2002): 172.
  4. Hugues Joublin, L'aventure du premier hyper, L'Expansion, 06/05/1993 [lire en ligne [archive]]
  5. Innovation et marchés de la grande distribution [archive], INSEE, 2006
  6. Au total 636 200 personnes sont employées par les maxi-discompteurs, les supermarchés, les hypermarchés, les entrepôts de commerce en gros, les centrales d'achats et autre administration d'entreprises. Source : Panorama de branche 2008 (données sociales 2007) [archive] sur http://www.fcd.asso.fr [archive], Fédération des entreprises du commerce et de la distribution. Consulté le 31 janvier 2009
  7. Philippe Askenazy, Katia Weidenfeld, Les Soldes de la loi Raffarin - Le contrôle du grand commerce alimentaire, ed. Rue d'Ulm, coll. Cepremap, 18/05/2007 (ISBN 2728803846) [lire en ligne [archive]]
  8. Sources : rapports d'activité, presse, Ubifrance [archive] sur http://www.fcd.asso.fr [archive], Fédération des entreprises du commerce et de la distribution. Consulté le 30 janvier 2009
  9. Chiffre d'affaire consolidé
  10. a et b (en) CIES, [lire en ligne [archive]]
  11. Selon Pauline Cardinaud, « Même si la grande distribution n'est pas la mieux placée pour être à l'avant garde du développement durable, il lui faut quand même agir » ; Demain, il sera trop tard!, Points de vente, n°1028, 30/06/2008, p.42
  12. Julien Chauveau, « Les grands distributeurs se mobilisent sur la responsabilité sociale », Les Échos, 29/09/2007, p.30
  13. Robert Rochefort, Le bon consommateur et le mauvais citoyen, ed. Odile Jacob, mars 2007 (ISBN 9782738119612), voir chapitre 9, p.249

 SOURCES : WIKIPEDIA, http://fr.wikipedia.org/wiki/Grande_distribution

Mot(s)-clé(s) : GMS ; GRANDE DISTRIBUTION ; HISTOIRE DE LA GRANDE DISTRIBUTION ; EVOLUTIONS GMS

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Fiche pratique réalisée le 07 septembre 2010.

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